REGARDS ET PARTAGES

Le voyage d'Agatonie

Du 26 juin au 11 juillet

Le mot du rameur

Laurent Savary

Laurent Savary

Rédacteur et rameur

Il y a maintenant plusieurs années que j’ai découvert les effets de la mort par procuration. Non pas celle qu’on lit dans les livres ou qu’on devine dans un fauteuil de cinéma. Non ! Celle qui emporte votre enfant et celle qui vous demande après cela de relever la tête et de dire basta, on avance ! Pour qui ? Pour quoi ? Comment et avec qui ?

Regards et Partages c’est donc cela. Il n’y à pas à travers ce voyage de potion magique qui aurait la prétention de faire mieux ou de dire mieux. Je ne veux rien réclamer durant cette descente mais m’incliner face à cette nature qui chaque jour peut offrir le meilleur et le pire pour notre genre. Symbole, réincarnation, la vie d’après, l’amour, l’accompagnement, l’hommage sont autant de valeur qui me portent ici et jusque dans mes pagaies. S’il n’y a pas de valeur divine qui puisse m’accompagner, je garde un profond respect pour tous ceux qui voient dans cette force le chemin d’une résilience ou d’une puissance aidant à résister.  Et pour autant, que dire de ces familles pour qui la mort menace mais ne frappe pas. Elle enferme l’enfant dans un handicap, des privations et des douleurs portés par des parents qui n’ont plus d’autres choix que d’accompagner l’enfant au quotidien en espérant glaner quelques paillettes et beaucoup d’amour.  

Je sais que cette nature souffre de l’action quotidienne de l’homme sur son environnement. A 50 ans cette année, je commence à regarder dans mes rétros et je vois bien ce que j’avais en 1970-80 et aujourd’hui. Nous sommes dorénavant 7 milliards à gratter le sol et à aspirer l’air.  Et pourtant il plane cette sensation étrange que tout semble reposer parfois juste sur un microcosme de quelques individus à quelques encablures de chez vous. Alors je n’hésite plus à prendre de la hauteur pour mieux comprendre les bénéfices d’une vie.  Se confronter pendant 500 km à la nature c’est déjà la remercier de m’inviter chez elle. Parler du handicap ou de la mort impose un regard humble et emprunt de respect sur ce que cela représente. Mais retenons de tout cela que chaque malheur est couplé à un petit bonheur. Il y a toujours une place dans le pire pour aimer. Alors à chaque fois que la fatigue me pèsera, je penserais à aimer.

« Aimer même si le temps est assassin et emporte avec lui le rire des enfants !  »  (Renaud)

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